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Jeld-Wen : la nouvelle n’a pas fait grand bruit et pourtant...

La nouvelle n’a pas fait grand bruit lorsque celle-ci est parue dans La Dépêche il y a seulement 4 jours dans la Dépêche du 18 février : Jeld-Wen ferme un site et supprime 5 postes dans le Gers. L’information aurait pu rester confidentielle si ce n’est que Jeld-Wen, n’est dans le Gers que le siège social d’une entreprise américaine qui emploie plus de 20 000 salariés dans le monde.

Jeld-Wen est entré sur le marché européen en 1993.

Depuis cette date, Jeld-Wen n’a cessé de croître en rachetant différentes marques sur tout le continent. En 2006, Jeld-Wen rachète la société danoise Vest Wood, un des principaux fabricants de portes sur le marché européen. En 2012, tous les produits de Jeld-Wen Europe seront commercialisés et vendus sous une seule et même marque Jeld-Wen. Auparavant, Jeld-Wen Europe était connue sous une variété de marques locales : Swedoor en Scandinavie, Dana en Autriche, Kellpax en Suisse, France Portes en France. En France, l’histoire de Jeld-Wen débute en mai 1998 avec le rachat de l’entreprise France Portes, leader du marche français de la porte isoplane et postformée. Le groupe Jeld-Wen possède aujourd’hui 3 sites, Argentré-sur-Plessis en Ille et Vilaine, Ussel en Corrèze et regroupe plus de 650 employés. Le siège social se situe à Eauze dans le Gers.

Pour justifier le projet de fermeture (« de réorganisation » !) du site d’Argentré-sur-Plessis, la direction explique que le « projet est dicté par des difficultés sur le marché de la construction ».
La nouvelle-à Argentré-sur-Plessis (Ille et Vilaine) était tombée comme un coup de massue le 10 février à l’issue du Comité central d’entreprise (CCE).

« Un couperet qui est tombé » ; « un coup de massue » ; « une annonce brute. Catastrophique » pour Patrick Haleux, secrétaire du comité central d’entreprise (CCE). Ainsi le site devrait fermer le 1er juillet prochain.

Sous le choc de cette annonce, les salariés ont décidé de stopper la production de l’entreprise, ce matin.

Dans un communiqué de presse, le groupe poursuit : « Le projet présenté consiste à transférer les activités du site de production d’Argentré-du-Plessis sur les deux autres sites français (Eauze, dans le Gers, et Ussel, en Corrèze), ce qui aurait pour conséquences l’arrêt de l’activité du site d’Argentré-du-Plessis (105 postes concernés) et la suppression de cinq postes de fonctions supports sur le site Administration, à Eauze (où se trouve aussi le siège social) ».

“Tous les salariés d’Argentré-du-Plessis se verront proposer un poste à Eauze ou Ussel. Les modalités d’accompagnement des salariés seront prochainement discutées avec les représentants du personnel dans le cadre de la procédure d’information-consultation”, informe également le groupe dans ce communiqué de presse.

La faute à la baisse de construction de logements neufs et la loi Dufflot ?

En réalité ces remarques de Pierre Méhaignerie faites à Ouest France relèvent plus de la politique politicienne en période d’élection que d’une analyse de la situation.

Pour comprendre il faut un peu revenir en arrière dans l’histoire de cette multinationale. Jeld-Wen a été racheté par un fond de pension américain, Onex en 2007, au moment de la crise immobilière américaine qui amena Jeld-Wen au bord de la faillite. Celle-ci qui opérait dans
25 pays, ferma à ce moment-là 21 sites industriels et s’est débarrassé de 25 % de sa main-d’œuvre depuis 2008.

Globalement l’entreprise n’ a pas la réputation de faire dans la dentelle : en Australie, les travailleurs, déjà très mal payé•e•s, avaient été forcés d’accepter des baisses de salaires pour des promesses vagues d’un rattrapage après la crise. Le syndicat en avait averti Onex lors de l’acquisition.

Avec 3 milliards de dollars de chiffre d’affaire, Onex n’est pas sans le sou.

Retour sur investissement

Il est bien entendu que cette rationalisation n’a pas trop à voir avec le marché, celui de la rénovation étant en passe de repartir à la hausse. La réalité est un classique du capitalisme mondialisé contemporain : ces fonds américains n’ont que faire de ceux et celles qui travaillent dans leurs usines. Ils ne sont là que pour faire augmenter les dividendes et ces groupes internationaux ont besoin de racler des bénéfices maximum dans un laps de temps le plus court possible.

Offres de reclassement :

Comme des kleenex jetables, la direction murmure dans un communiqué de presse que “tous les salariés d’Argentré-du-Plessis se verront proposer un poste à Eauze ou Ussel. Les modalités d’accompagnement des salariés seront prochainement discutées avec les représentants du personnel dans le cadre de la procédure d’information-consultation”.

Ces propositions de reclassement qui deviennent aujourd’hui monnaie courante (quand on ne vous propose pas d’accepter une filiale en Pologne sont typiques d’un style de “management” à l’américaine où les employé-es ne sont que des pions que l’on peut déplacer sur un échiquier dans un bureau d’études. On se fout et contrefout des familles, de leurs situations, de leurs vies.

Après la stupeur, la grève et la mobilisation

Après la grève à Argentré-du-Plessis, la mobilisation ne fait que commencer avec la descente jeudi 26 février des salariés bretons sur le site d’Eauze, dans le Gers à l’occasion de la réunion du CCE et un pique-nique devant l’entreprise. Pour sa part F.O. présente sur le site d’Eauze annonce des débrayages dans la journée.

En effet peut-on vraiment croire les communicants de l’entreprise qui voulant rassurer répondent aux questions que « 1,5 million d’euros seraient investis en 2015 sur les deux sites restants, à Eauze et Ussel. La volonté est réellement de conserver la production des portes en France. »

En tant que parti politique, qui se place encore et toujours dans le camp des travailleur•e•s et des exploité•e•s, nous exprimons notre solidarité avec les salarié•e•s, qui ont appris de façon brutale ce projet de fermeture du site d’Ille et Vilaine et de réorganisation de leur entreprise. Nous trouvons absolument scandaleux la proposition de délocalisation des familles et nous soutiendrons vigoureusement la mobilisation qui se dessine dans le groupe.

Face aux méthodes purement comptable et barbares de la direction, les salarié•e•s doivent refuser la mise en compétition d’un site contre un autre et montrer que la solidarité de tous et de toutes est une exigence primordiale.

Marc Ducassé
(Comité NPA du Gers)

Voir en ligne : Article de la Dépêche du midi

P.-S.

Nous tiendrons nos lecteurs au courant des développements futurs.

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017