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Italie. Manifestation « politique » des métallos

En France nous avons Valls et Macron, en Italie, ils ont Matteo Renzi. Dans les deux pays, les sociaux démocrates sont aux ordres du patronat et cassent les acquis des salarié•e•s en démantelant le droit du travail. Mais en Italie la Fédération des employés et ouvriers de la métallurgie se rebiffe, manifeste et n’hésite pas à faire de la politique.


Des dizaines de milliers de personnes ont défilé, samedi, à Rome, contre les politiques austéritaires de Matteo Renzi, à l’appel de la Fédération des ouvriers et métallurgistes (Fiom-Cgil). Pour Maurizio Landini, secrétaire de la Fiom, ce gouvernement est « pire » que celui de Berlusconi.

La Fédération des employés et ouvriers de la métallurgie (Fiom-Cgil), organisation de référence de la gauche italienne de transformation, a réussi son pari : des dizaines de milliers de personnes ont manifesté, samedi, à Rome, à son appel. Objectif du rassemblement : dire non au Jobs Act, la réforme du marché du travail mise en œuvre par le président du Conseil, Matteo Renzi. « Nous sommes face à un gouvernement qui a choisi de refuser la confrontation avec les organisations syndicales (…) Nous sommes face à un gouvernement qui a choisi de discuter avec un sujet social bien précis : la Confindustria (patronat italien – NDLR) », a attaqué Maurizio Landini, secrétaire de la Fiom, lors du meeting qui concluait la manifestation. Ce dernier a dressé la liste des conquêtes patronales : fin de l’article 18 qui oblige un employeur à réintégrer un salarié injustement licencié ; capacité pour un patron d’obliger un salarié à effectuer des tâches qui ne correspondent pas à son contrat de travail ; libéralisation des licenciements collectifs. Le gouvernement conduit par le secrétaire du Parti démocrate, en coalition avec le Nouveau Centre droit, est « pire » que celui de Silvio Berlusconi, a jugé Landini.

Si le gouvernement fait valoir que 79 000 personnes ont été embauchées en janvier et février avec les nouveaux types de contrats introduits par le Jobs Act, les syndicalistes lui répondent qu’il faudrait en créer « des millions ». Dans le cortège, les manifestants faisaient même valoir qu’il s’agissait de travailleurs précaires qui se voyaient titularisés à leur poste, et qu’il ne s’agissait pas de créations de postes à proprement parler.

Cette manifestation est une réussite pour la Fiom, qui brise son isolement. En effet, les fédérations de branche affiliées à l’UIL et la Cisl ont décidé de rompre l’unité syndicale. C’est ainsi que, dans certaines entreprises, des accords sont signés qui empêchent la Fiom de se présenter aux élections des représentants du personnel. Au sein même de sa centrale d’appartenance, la Confédération générale italienne du travail (Cgil), la Fiom, apparaît en rupture du fait de son image de trublion rouge du syndicalisme. La présence de la secrétaire de la Cgil, ­Susanna Camusso, et des principaux responsables de fédérations, a montré au gouvernement, qui doit faire adopter une loi sur la représentativité syndicale, que la centrale n’entend pas, malgré les désaccords, lâcher la Fiom.

Cette manifestation était aussi le baptême du feu de la « coalition sociale », promue par Maurizio Landini. Aux contours flous, celle-ci vise à briser l’hégémonie culturelle des néolibéraux en unissant les citoyens, travailleurs, précaires, étudiants, associations, mouvements au-delà du syndicat et des partis traditionnels. C’est une « stratégie de long cours », font valoir les dirigeants de la Fiom, mais qui prenait déjà forme dans les rues de la capitale, samedi, avec la présence de la gauche politique (les communistes, Gauche, écologie et liberté, des frondeurs du PD), mais aussi sociale, avec l’association humanitaire Emergency ou antimafia Libera. Car, oui, assume Landini face à ses détracteurs qui l’accusent de sortir du champ social, le syndicat « fait de la politique ». « Dans ce pays, tous font de la politique, y compris la Confindustria qui rencontre le gouvernement et ramène à la maison ce qu’il veut. Cette manifestation est politique, oui, faite par le syndicat qui a des propositions et qui rassemble des travailleurs qui n’ont pas de représentation » politique.

Voir en ligne : L’humanité

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017