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Calais : Avec les migrant•e•s ou avec les patrons et les racistes, il faut choisir !

Voilà une manifestation qui n’a pas été réprimée… À Calais ce lundi 5 septembre, malgré l’interdiction de toute manifestation depuis six mois, agriculteurs, routiers, commerçants et syndicats de flics ont pu bloquer l’autoroute et la rocade en chantant la Marseillaise, sous l’œil complaisant de la police et avec le soutien de Sarkozy et Le Pen…

Leurs représentants ont été reçus par la Préfète qui a promis un démantèlement rapide de la « jungle », des indemnités pour les agriculteurs et les entreprises de transport ainsi que 200 flics supplémentaires.

Il y a déjà eu 3 200 morts en Méditerranée cette année. Mais ça ne fait pas la Une de la rentrée, même plus la petite larme des discours hypocrites. Les temps sont à la traque : de Calais à Paris en passant par tout le littoral de la Manche, cet été, les flics ont expulsé, arrêté, nassé. Ainsi, depuis juillet, pas un campement n’a tenu plus de quelques nuits (le plus souvent même pas une seule) autour de Stalingrad et Jaurès à Paris.

Il y a six mois, la destruction de la zone sud du bidonville de Calais avait donné lieu à des campements sur tout le littoral : Dieppe, Caen, Cherbourg, Choques, Steenvoorde. Les uns après les autres, ces campements ont été détruits ces dernières semaines. À Calais, il y a aujourd’hui bien plus de migrant•e•s dans ce qui reste du bidonville qu’avant l’expulsion !

Cette logique qui broie les migrant•e•s ne fait qu’exacerber les tensions. Alors, sur fond de discours racistes, la situation s’envenime. Le vocabulaire lui même a changé : les migrant•e•s ne sont même plus de pauvres et gentilles victimes à qui il faudrait expliquer qu’il faut repartir, mais sont désormais présentés comme violents, agressifs, en proie à des gangs…

C’est dans ce contexte que la coalition créée en janvier dernier à Calais, dans la foulée des différents collectifs « citoyens » et racistes (souvent liés à l’extrême-droite), a appelé à manifester ce lundi. Sa logique est celle du pouvoir et des patrons : taper plus fort, plus de flics et plus d’exonérations fiscales pour les entreprises (établissement d’une zone franche). Des revendications reprises par le secrétaire général de la CGT portuaire de Calais !

L’autre voie

En juin dernier, un convoi organisé vers Calais par les syndicats britanniques avait été bloqué à Douvres par les flics et empêché de passer. Cette manifestation a montré la possibilité d’une jonction entre syndicats et mouvements antiracistes des deux côtés de la Manche pour réclamer l’ouverture des frontières, contre les gouvernements des deux pays, contre la politique de l’UE, contre les racistes.

Mettre en place ces liens entre travailleur•e•s des deux pays et une solidarité de lutte avec les migrant•e•s serait une voie autrement productive pour toute la région que la guerre de tou•te•s contre tou•te•s que développe la politique des barbelés et de la prévarication. Pour le plus grand bonheur du Front national… Et ce mardi 6 septembre, les flics ont encore nassé des migrant•e•s à Jaurès et Stalingrad à Paris. Comme une réponse du pouvoir aux racistes de Calais… Ce qui défigure et détruit Calais détruit aussi nos quartiers.

Dockers, conducteurs de trains ou de cars, employés des aéroports, enseignant•e•s et travailleur•e•s sociaux : ce qui fait l’économie de la société est aussi ce qui peut bloquer l’économie de la traque des migrant•e•s. À Menton, un conducteur est menacé de sanctions par son patron parce qu’il a refusé que son car soit réquisitionné par la préfecture pour expulser des migrant•e•s vers l’Italie. Contre les patrons, le pouvoir et les frontières, notre camp est bien celui des migrant•e•s !

Denis Godard

Voir en ligne : Site du NPA national

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017