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Réfugiés à Alençon. « Accueillir un migrant implique des responsabilités »

Récemment contactée par nous, notre camarade Christine du comité d’Alençon du NPA nous a fait savoir qu’elle continuait à héberger ce même réfugié.

Son témoignage toujours d’actualité nous a semblé important car accueillir un ou des réfugié•e•s est un engagement personnel de longue durée et il faut bien réfléchir et se préparer avant de le faire sous le coup de l’émotion.

Marc


Christine Coulon héberge un migrant nigérien depuis un an et demi, chez elle, à Alençon. Elle raconte leur quotidien.

J’accueille Senii [1], un orphelin de 17 ans, depuis avril 2014. Il était arrivé à Alençon un mois plus tôt. Je l’ai rencontré par le biais du Réseau éducation sans frontière (RESF) dont je suis membre. Je l’ai hébergé car il était à la rue.

Accueillir un migrant chez soi implique d’énormes responsabilités. Il a fallu que je fasse accepter ma décision à ma fille de 19 ans, qui vivait encore sous mon toit à l’époque. Nous n’avions pas beaucoup de place, Senii s’est installé dans le salon dans un premier temps. C’est un coût de loger quelqu’un, il faut le nourrir, le vêtir, lui payer quelques sorties. La précarité peut vite s’installer quand on n’a pas beaucoup de moyens.

Lorsqu’il est arrivé, Senii ne parlait pas le français et n’avait jamais été à l’école. Je lui ai appris à lire et écrire avec l’aide de deux amies, enseignantes comme moi, jusqu’à ce qu’il soit scolarisé. Il faut aussi faire face à la fragilité de ces personnes qui ont vécu des choses très dures dans leur pays et durant leur exil. Nous avons vu un psychologue quand Senii a traversé une grosse période de blues. C’est aussi moi qui l’aide dans toutes les démarches administratives et juridiques pour qu’il obtienne des papiers.

C’est donc un fort engagement personnel et dans la durée. On n’héberge pas quelqu’un rien qu’un mois pour le jeter ensuite. Selon moi, c’est un travail de professionnel. Aujourd’hui, Senii et moi avons tissé des liens très forts, mais ça ne se passe pas toujours si bien ailleurs. C’est enrichissant d’accueillir quelqu’un avec une culture différente et de se prouver qu’on peut vivre ensemble. Tant mieux si l’émotion suscitée par l’actualité donne envie aux gens d’agir, mais il est important de se faire accompagner par des associations compétentes.

Voir en ligne : Ouest-France

Notes

[1Prénom d’emprunt.

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017