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Union européenne : Les réfugié•e•s, ces banni•e•s de l’Europe

Tandis que le gouvernement français s’apprête à démanteler la « jungle de Calais », la situation des migrantEs ne fait que s’aggraver dans toute l’Europe, comme en témoigne le rapport annuel d’Amnesty international et l’accord (tenu secret) entre l’Union européenne et le gouvernement de Kaboul.

Incapables de définir une politique migratoire cohérente commune, les dirigeants européens empêtrés dans des logiques nationales internes ne semblent d’accord que sur un point : sous-traiter la gestion des flux migratoires à des pays hors de l’Union…

Un nouvel accord de la honte

Cette politique sordide ne s’embarrasse pas de grands principes humanitaires, mais d’un véritable marchandage où des centaines de milliers d’êtres humains, traités comme du bétail, deviennent de simples variables d’ajustement destinées à remplir les rangs des damné•e•s du vieux continent ou à mourir de noyade en Méditerranée. On se rappelle l’accord honteux passé entre l’UE et le dictateur Erdogan en mars dernier qui, en échange d’un cadeau de 6 milliards d’euros et l’avancée du dossier turc de demande d’adhésion à l’UE, engageait Ankara à « stocker » les migrant•e•s « illégaux » arrivés en Grèce.

C’est aujourd’hui avec le gouvernement de Kaboul que l’UE, soutenue par les États-Unis, veut expulser 80 000 réfugié•e•s afghans déboutés du droit d’asile. Ce troc monstrueux touchera en priorité les réfugié•e•s de Calais dont Cazeneuve et Valls veulent se débarrasser au plus vite. Des « vols spéciaux » sont prévus à cet effet, et une dotation dont on ne connaît pas le montant sera octroyée au gouvernement afghan pour la construction d’un nouveau terminal dans l’aéroport de Kaboul. À vomir !

Un rapport accablant, une campagne de soutien à organiser

« Les pays riches savent renflouer les banques et mener des guerres, mais sont incapables de trouver un lieu sûr pour les réfugiés qui représentent 0,3 % de la population. » C’est ce que dénonce l’ONG Amnesty international dans un rapport publié le 4 octobre dernier, rapport qui dénonce aussi l’UE qui « cherche à conclure des accords douteux avec la Libye et le Soudan pour empêcher les réfugiés d’atteindre l’Europe ». Par ailleurs, cette organisation respectée annonce les chiffres effrayant de 4 000 noyé•e•s en Méditerranée en 2015, et 3 500 pour les neuf premiers mois de 2016…

Les anticapitalistes et les révolutionnaires ne sont donc plus les seuls à s’insurger contre la politique criminelle des gouvernants de l’UE. C’est ainsi que le très modéré Secours catholique dénonce aujourd’hui le démantèlement « inhumain » du campement de Calais et qu’Emmaüs demande un ajournement de cette décision gouvernementale. En Grèce, ce sont des organisations syndicales, des associations humanitaires, des collectifs anti­racistes regroupés au sein de Keerfa. En Angleterre, la mobilisation persistante pour l’ouverture de la frontière se fait dans une vaste coalition Stand Up To Racism qui regroupe aussi bien des associations religieuses, des personnalités du Parti travailliste que des antiracistes radicaux.

Il est plus que temps d’œuvrer pour qu’il en soit de même en France et dans toute l’Europe : nous doter d’un outil efficace pour organiser une riposte européenne massive, seule capable d’établir un rapport de forces pour faire reculer la politique criminelle de l’Union européenne.

Alain Pojolat

Voir en ligne : Site du NPA national

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017