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Après la grève à Auch, où en est la démocratie ?

La grève des agents et des contractuels d’Auch, du Grand Auch et du CIAS nous en apprend beaucoup sur l’état de notre démocratie locale.

Le rôle de la Cour des comptes

Cette institution censée vérifier, comme son nom l’indique, la justesse des comptes publics, se transforme de plus en plus en organe politique qui prétend dicter les politiques nationales et locales.

Ainsi, elle s’arroge le droit de décider du temps de travail des employés municipaux. Elle se contente visiblement des chiffres sans aller vérifier sur le terrain leur véracité. Mais les conditions de travail, ce n’est pas de la comptabilité !

Dans le cas qui nous concerne, elle n’avait pas vu ou voulu voir de nombreuses heures travaillées n’étaient pas comptabilisées. Et elle avait encore moins tenu compte du fait que ce qui pouvait paraître comme des avantages sans contrepartie, avait en fait été négocié par les précédentes municipalités, qui avaient préférer réduire le temps de travail plutôt qu’augmenter les salaires.

Des élus indignes de leur statut

Pour le maire d’Auch, Franck Montaugé, les rapports de la Cour des comptes sont parole d’évangile. Et donc, si la Cour des comptes dit que les employés municipaux ne travaillent pas assez, il fonce tête baissée sans la moindre réflexion ou vérification et encore moins concertation.

Devant la rebellion des concernés, il a semblé tout surpris et pas du tout préparé. Son attitude méprisante en refusant de rencontrer les grévistes pendant cinq jours a été confrontée à une grève très suivie d’une grande partie des 800 personnels. Et il a finalement dû rencontrer les grévistes le 3e jour.

Ces trois jours ont été utilisés par le service de com. de la mairie pour distiller de fausses informations et pour essayer des monter la population contre les grévistes, présentés comme des fainéants privilégiés, alors que pour la plupart il font partie des moins bien payés de la fonction publique et que pour beaucoup ils n’ont que des conditions très précaires.

Quand il a finalement rencontré les grévistes, c’est son impréparation et sa méconnaissance du dossier qui a sauté aux yeux. Il est quand même incroyable qu’il admette ne pas connaître le temps de travail de ses salariés alors qu’il voulait l’augmenter !

Quant aux autres élus, ils ont brillé par leur invisibilité ou leur pusillanimité. Sans surprise la droite s’est réjouie, elle commence à avoir l’habitude, plus besoin pour elle de faire le sale boulot, la « gauche » s’en charge, en n’hésitant pas à aller plus loin comme on l’a vu avec la loi Travail. Et les élus de la majorité municipale étaient aux abonnés absents. Tous les services municipaux sont à l’arrêt mais les élus ne semblent pas concernés…

Les médias

Comme de bien entendu, la Dépêche s’est empressée de relayer la parole du maire, sans faire la moindre vérification et en alignant les contre-vérités. Et ce jusqu’au dénouement où elle a essayé de faire passer la capitulation du maire en rase campagne pour un accord équilibré.

Pourtant la vérité, c’est que les salariés ne travailleront pas plus qu’avant, ce qui n’est que justice.

Le Journal du Gers (en ligne) n’a pas fait mieux.

On a vu avec le Brexit et l’élection de Trump que nous étions entrés dans une nouvelle ère, celle de la post-vérité. Nous n’en sommes pas loin dans le Gers non plus.

François

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017