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Dossier. Pour une éducation nationale libérée du capitalisme

Dossier sur l’éduction : pour une éducation libérée du capitalisme

En 2012, Hollande, ennemi de la finance n’en est pas à un mensonge près. Il fera donc de l’éducation sa priorité. Mais comme pour l’ensemble de sa politique et celle de ses gouvernements, il aura dès le départ répondu aux trompettes des politiques austéritaires et propatronales.

Les postes d’abord. C’est une préoccupation majeure pour les personnels, de la maternelle à l’université. Avec moins de postes, les effectifs par classe enflent, les possibilités de travail en petits groupes s’amenuisent, les remplacements en cas de maladie (de soi ou de ses enfants), en cas de formation ou bien encore d’exercice du droit syndical sont de plus en plus une gageure. Cela a deux conséquences. Une immédiate : la perte de centaines d’heures de classe ou de cours par an pour les élèves. Ce ne sont pas les grèves légitimes des personnels qui sèment les inégalités d’accès au savoir mais bien le gouvernement qui faillit à assurer la continuité du service public d’éducation. La deuxième conséquence, moins visible, est l’impact sur le rapport au travail des personnels : convaincus de ne pas être remplacés, nombre d’entre elles-eux écourtent leurs arrêts maladie, ne partent plus en formation ou bien encore sont rappelés sur leur poste en plein milieu de la session… Concernant enfin l’exercice du droit syndical, il est aussi méchamment écorné. Les remplacements des personnels pour cause de mandat syndical ne sont quasiment plus assurés dans un certain nombre d’académies faute d’enseignant•e remplaçant existant.

Où sont les 60 000 postes annoncés ?

Ces prétendues créations de postes n’ont eu aucun effet dans les écoles, les collèges, les lycées et les universités. À l’inverse, le nombre d’embauche de contractuels, notamment dans le premier degré, augmente sans cesse. Il y a donc bien des besoins mais le gouvernement a préféré y répondre par une explosion de la précarité. Il a beau jeu à présent de dire que les postes existent mais ne sont pas pourvus. C’était une conséquence ô combien prévisible et d’ailleurs prévue par les personnels mobilisés en 2009 de la masterisation et du recrutement pour les concours à bac+5.

Le Parti socialiste au pouvoir n’aura pas fait que suivre le cours du gouvernement précédent, en étranglant les services publics dont celui de l’éducation. Il a aussi mis en place de manière concomitante tout un dispositif de réformes déstructurant les équipes pédagogiques, comme la réforme des rythmes. Tout cela a renforcé encore plus les inégalités sociales, comme la sortie injustifiée de nombre d’établissements scolaires du dispositif éducation prioritaire ou bien encore la réforme du collège.

Dans ce dossier, nous avons voulu revenir sur cinq ans de politiques éducatives, dans la continuité du gouvernement Sarkozy mais ouvrant également une brèche au gouvernement suivant. Les réacs de tout poil rêvaient d’en finir avec Mai 68, Peillon et Vallaud-Belkacem leur ont servi cela sur un plateau…


Statut des enseignant•e•s : une casse sociale pour détruire le service public

À tous les niveaux de l’enseignement, une destruction méticuleuse des obligations réglementaires de service est en cours. Elle s’assigne pour objectif d’augmenter la charge de travail des personnels, d’individualiser les parcours professionnels et de briser les solidarités, les collectifs de travail.

Une charge de travail alourdie, l’accumulation de tâches impossibles à accomplir

Dès le premier degré, l’objectif est tout de suite avancé : annualiser une partie du temps de travail enseignant de manière à multiplier les réunions, les injonctions, sous le contrôle d’une direction d’école au pouvoir hiérarchique renforcé. Cette organisation, faite au détriment de la formation continue et de la concertation, peut aussi prendre la forme de formations à distance obligatoires (seulE devant son ordinateur, on est loin de l’échange de pratiques !).

Au collège et au lycée, les nouvelles obligations réglementaires de service mises en œuvre à la rentrée 2015 relèvent de la même logique. Les missions « à côté » de la classe prennent alors une place prépondérante, avec pour les chefs d’établissement le pouvoir de récompenser l’implication des enseignantEs dans ces réunions multiples ou ces tâches de coordination, en ayant la main sur une partie de leur rémunération...

À l’université, le gel des postes crée une telle pénurie que de nouvelles mesures rendent possibles la modulation de la charge d’enseignement au détriment de la recherche.

PPCR : une faible revalorisation au service de l’individualisation des parcours professionnels

Après des années de gel du point d’indice servant de base de calcul pour la rémunération des fonctionnaires, le gouvernement s’est lancé dans un processus de négociations avec les organisations syndicales pour une revalorisation des salaires de la fonction publique. L’appétit des syndicats était grand pour sortir de ce processus une « victoire » : le dégel du point d’indice. Le gouvernement en a profité pour redéfinir les carrières des fonctionnaires dont celles des enseignant•e•s.

Ainsi, en échange d’une maigre revalorisation ne rattrapant clairement pas les pertes de pouvoir d’achat de ces dernières années, une partie des fédérations syndicales a accepté la création d’un troisième grade (la classe exceptionnelle) à même de créer un débouché de carrière favorisant les personnels, et obéissant ainsi aux logiques libérales à l’œuvre.

La FSU (majoritaire et historiquement alliée à Sud ou à la CGT sur beaucoup de questions, comme la loi travail) a accepté ce marché de dupe. Nul doute qu’elle en sera comptable aux prochaines ­élections professionnelles.


Pour en finir avec la casse du service public d’éducation, nos luttes doivent s’unir et s’amplifier !

Depuis l’élection de François Hollande, pas une année sans que l’éducation nationale ne fasse parler d’elle : en 2013 dans le primaire contre la réforme des rythmes, en 2014 dans les universités pour plus de moyens et dans les ZEP contre la sortie de certains établissements et certaines écoles du réseau, en 2015 contre la réforme du collège, et en 2016 contre la loi travail via la jeunesse scolarisée, avec aussi le début de la colère des lycées classés ZEP et menacés à leur tour d’en sortir.

Les raisons sont à chaque fois identiques : stopper l’hémorragie de moyens, réclamer la reconnaissance du métier, retrouver de la dignité dans l’exercice d’enseigner, revendiquer une augmentation salariale, des conditions d’apprentissage décentes pour les enfants et les adolescents.
Et ce gouvernement autoritaire, spécialiste de l’état d’urgence, n’a jamais hésité à recourir à la répression pour sanctionner des collègues. À Toulouse ou encore à Colombes (92), des enseignant•e•s auront dû aller jusqu’à la grève de la faim pour retirer ou atténuer les mesures disciplinaires à leur encontre.

Une partie des ces mobilisations freinent localement les attaques, permettent même de gagner une limitation des effectifs par classe, installent un certain rapport de forces avec notre hiérarchie, mais nous n’avons pas réussi à faire de démonstration identique à l’échelle nationale.
En 2013 pourtant, lors de la mobilisation contre les nouveaux rythmes scolaires dans le premier degré, les taux de grève avaient dépassé ceux de 2003.

Mais à chaque mobilisation, un obstacle de taille s’est dressé devant les personnels mobilisés : le dialogue social entre les organisations syndicales et le ministère. La FSU, organisation syndicale majoritaire dans le primaire, le secondaire et à l’université, n’aura eu de cesse de coller au calendrier ministériel, celui-ci étant bien sûr conçu pour que les attaques se fassent de manière désynchronisée d’un degré à l’autre. Et à aucun moment, la FSU, principale fédération dans l’éducation nationale, n’a rebondi sur la dynamique d’une mobilisation pour permettre un mouvement de l’ensemble du secteur. Quant aux autres syndicats, ils auront préféré jouer la carte de la critique mais sans non plus se saisir des opportunités.

C’est pourquoi, dans ce contexte, la mobilisation actuelle des enseignantEs de lycées menacés de sortir d’éducation prioritaire peut être une possibilité d’inverser ce schéma. Organisés en collectifs, les salariéEs mobilisés sont en passe d’organiser une journée nationale, avec éventuelle montée à Paris. Pour l’instant encore, aucune structure syndicale n’appelle franchement à ce que la mobilisation s’élargisse de la maternelle au lycée. Mais c’est tout l’enjeu que nous aidions ce collectif à perdurer, se renforcer pour être un outil au service de l’amplification de la mobilisation. Alors que dans plusieurs établissements, la rentrée n’a pas été assurée, et que depuis le 3 janvier, la grève reconductible a été votée, renforçons cette mobilisation et tentons d’infliger un camouflet à Najat Vallaud-Belkacem et à son gouvernement, à quelques mois du premier tour de la présidentielle.

Tous les candidats prétendent faire de l’éducation un point central de leur prochain quinquennat. À nous de les prendre au sérieux : nous nous battrons contre toutes leurs attaques, le plus largement possible, pour leur infliger des défaites, pour changer totalement la société et son école !


Vers un collège de classe…

La réforme du collège est effective depuis la rentrée. Présentée par le gouvernement comme assurant davantage d’égalité, elle est au contraire vecteur d’inégalités aggravées !

La réforme s’est d’abord traduite dans la plupart des établissements par une diminution de la DHG (dotation horaire globale), ce qui provoque des pertes d’heures dans certaines disciplines, la disparition de nombreux projets et dispositifs et la perte d’heures dédoublées au détriment des élèves qui en ont le plus besoin.

Ils cherchent à augmenter la reproduction sociale

Des établissements se sont vu attribuer des dérogations à la limite des 26 heures hebdomadaires pour les élèves. Mais cela concerne essentiellement le maintien des filières d’excellence telles que les classes européennes. C’est dans ce cadre que l’option latin a été maintenue à Paris, et pas dans ses banlieues, dans tous les collèges qui la proposait l’an dernier.

La « marge d’autonomie » donnée aux chefs d’établissement crée des pôles de spécialisation : tel établissement propose du latin ou une classe européenne grâce à des dérogations, alors que tel autre propose un accompagnement pour les élèves en difficulté scolaire. Certains établissement concentreront leurs moyens pour la mise en place des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) avec des dédoublements ou du coenseignement, cela étant pris par exemple sur les heures de mathématiques ou de français.

Loin de réduire les inégalités scolaires, la nouvelle structure du collège ne peut que creuser l’écart entre les établissements.

Vers la fin du « collège unique » ?

Pris dans la mise en place des nouveaux programmes pour toutes les classes, les enseignantEs manquent de temps pour prendre le recul nécessaire à la réflexion sur ce qu’ils mettent en place. La résistance contre ce nouveau collège a été importante chez les enseignantEs... mais bien faible chez les principaux syndicats, sans compter ceux qui ont soutenu la réforme. Tout cela contribue à entériner cette réforme.

Cela ne manquera pas à terme de favoriser les déplacements d’élèves en fonction des langues ou EPI proposés et d’accentuer encore la ségrégation scolaire, ce que l’existence d’établissements privés et les inégalités territoriales renforcent déjà.

Cette réforme laisse un espace important pour que les politiques de droite proposent d’en finir avec le collège unique pour mettre en place réellement un collège de la reproduction sociale. Voilà l’objectif réel de la réforme du collège.


Céline Alvarez : La pédagogie n’est pas un buzz médiatique…

Dans son livre Les lois naturelles de l’enfant, Céline Alvarez redécouvre que rendre les enfants actifs dans l’apprentissage de leurs savoirs permet une meilleure appropriation des connaissances. Il n’est jamais trop tard pour redécouvrir la pédagogie Montessori (qui a tout de même 110 ans), renforcée par les études récentes en neurosciences.

Cependant, Céline Alvarez a pu faire son expérience car elle était largement financée (par le privé et par l’Éducation nationale), au-delà des financements des autres classes (y compris les autres classes de l’école où elle travaillait...). Au contraire de sa démarche, nous exigeons ces moyens pour toutes les classes. De plus, son expérience est totalement isolée (dans sa classe, dans son école). Là encore, notre conception de la pédagogie est avant tout une entraide entre les jeunes, mais aussi entre les enseignantEs. Enfin, la pédagogie est un outil sur le long cours. Prétendre avoir fait le tour de la question en trois ans est, au mieux, une mystification.

La pédagogie n’est jamais déconnectée des conditions sociales de son fonctionnement. Ce n’est pas un « zoo » expérimental, mais l’exact contraire. Nous sommes pour des pédagogies émancipatrices, car nous sommes pour la transformation révolutionnaire de la société. C’est pourquoi le livre de Céline Alvarez apparaît comme la figure de proue de la réaction dans l’éducation, tant par le côté naturel et neurologique de l’éducation qu’elle met en avant que par l’individualisme de sa démarche.


Réactualiser le combat pédagogique pour l’émancipation

La question de ce qu’on enseigne à l’école et comment on le transmet prend une grande importance dans la campagne pour les élections présidentielles.

Si on en croit la plupart des candidats des droites, la source de tous les dysfonctionnements de l’école tient en un seul terme : le « pédagogisme » [1]. La solution serait donc dans l’enseignement de prétendus fondamentaux : la lecture, la morale et le roman historique de la France, où par exemple, la colonisation ne visait qu’à « partager [sa] culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord » (Fillon, le 28 août dernier).

Hollande, pendant son quinquennat, a détourné des préoccupations pédagogiques parfois légitimes pour ses réformes réactionnaires. Les rythmes scolaires à l’école ou les enseignements interdisciplinaires en collèges ne sont pensés par le ministère que comme des moyens pour diminuer le temps d’apprentissage des jeunes, et donc réduire le « coût » de l’éducation et augmenter les inégalités sociales.

Dans ces conditions, la tentation est grande de penser que la pédagogie n’est qu’un artifice, qui nous éloignerait des revendications indispensables sur l’augmentation des moyens financiers pour enseigner et apprendre dans de bonnes conditions. Et de reléguer la pédagogie aux lendemains du « grand soir ».

La pédagogie au cœur du combat au sein de l’école

Le projet politique des droites comme du PS est une offensive idéologique et économique pour un retour à l’école de la IIIe République de Jules Ferry : le livret scolaire unique, numérique, permet de contrôler la main-d’œuvre, les rythmes scolaires de renforcer les différences éducatives entre quartiers riches et quartiers pauvres, les successions de nouveaux programmes diminuent les contenus culturels et l’autonomie des élèves et ainsi renforcent les inégalités sociales. L’offensive sur la morale et la désignation d’un ennemi intérieur, les exercices antiterroristes, incitent à penser le monde comme le théâtre d’une guerre de civilisation dans lequel la puissance de la France serait une protection.

Face à cela, nous opposons un projet global d’émancipation des jeunes. Il faut réactualiser les thèses des pédagogues du début du siècle. Le faire dans les classes, dès aujourd’hui, tout en continuant de nous battre pour améliorer les moyens d’enseignement et d’apprentissage, est un outil pour l’autonomie scolaire et politique des jeunes, ainsi que pour affaiblir l’État policier.

Dans les luttes, nous essayons de mettre en place des espaces de discussion et de prise de décision collectifs, nous établissons des rapports humains basés sur la coopération et l’entraide. Les pédagogies émancipatrices cherchent à transposer cela dans les écoles. Il ne s’agit pas de savoir si un mode de fonctionnement différent permet de finir les programmes, mais de faire émerger d’autres rapports entre les individus, qui correspondent plus aux rapports que nous voulons mettre en place dans une autre société.


« Touche pas à ma ZEP ! »

L’éducation prioritaire en tant que dispositif a été légiférée en 1981. Mais l’idée de donner plus aux quartiers populaires où se propage déjà la misère sociale a vu le jour à partir des travaux de Pierre Bourdieu, pour devenir dans les années 1970 une revendication syndicale…

Moins d’élèves par classe, des moyens pour mettre en œuvre des projets, des activités que seule la bonne volonté des équipes enseignantes ou même des parents ne pouvaient financièrement assumer, des primes aux enseignants afin d’inciter à rester dans ces écoles et établissements pour stabiliser les équipes… Autant de bon sens ou de minimum syndical dirions-nous.

Pourtant, ce maigre pécule aura une vie bien courte. Dès les années 2000, il est temps de le remettre en cause. Les sigles vont alors commencer à se succéder, faisant intervenir de plus en plus souvent les notions d’ambition et de réussite, mais surtout grignotant un peu plus à chaque étape les moyens supplémentaires accordés.

Le gouvernement a un objectif, détruire les ZEP

Initiée par Peillon et défendue bec et ongles par Najat Vallaud-Belkacem, la refondation de l’éducation prioritaire est en train d’anéantir ce qu’il reste des anciennes ZEP.

Il y a deux ans, le travail de sape était amorcé dans les écoles et les collèges. Bien sûr, après avoir fait passer la réforme des rythmes et la réforme du collège, le gouvernement n’a pas annoncé de but en blanc la disparition de l’éducation prioritaire, mais des reclassements. Dans certains quartiers, des collèges et des écoles sont sortis manu militari du dispositif sous prétexte que la situation sociale globale du quartier se serait améliorée… ce qu’évidemment les principaux intéressés (enfants, parents et enseignants) n’ont absolument pas constaté !

Cela permettait ainsi de donner plus à des établissements déjà classés mais dans une situation jugée alarmante, les REP+. Jolie mise en concurrence des quartiers populaires, des enfants de la classe ouvrière. Deux ans après, les enseignants des REP+ ont pris l’habitude de se nommer les « riens en plus » pendant qu’ailleurs, les « sortants » périclitent, et ceux restés REP voient leurs effectifs augmenter d’année en année.

Exiger plus de moyens pour tou•te•s

Cette année, pour la mise en application de cette réforme dans les lycées, la mesure a été encore plus radicale : tout le monde sort ! Cela a donné lieu au mouvement Touche pas à ma ZEP qui, dès la rentrée de janvier 2017, entame de nouvelles journées de grève et de possibles départs en grève reconductible.

Le mouvement exige non seulement le retrait de ce projet mais surtout un label unique Éducation prioritaire, de la maternelle au bac, incluant tous les établissements et réseaux ayant aujourd’hui divers classements mais aussi une inégalité de traitement. Un label qui serait contraignant pour l’État en termes de moyens, de bonifications et de possibilité de mutation.

Voir en ligne : Site du NPA national

Notes

[1Néologisme inventé par Brighelli,ex-chevènementiste reconverti au FN. Lire à ce sujet L’école des réac-publicains de Grégory Chambat, ed. Libertalia, 2016.

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017