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La police tabasse, viole, assassine mais qui nous protège de la police ?

Suite à « l’affaire Théo » du nom de ce jeune homme de 22 ans d’Aulnay-sous-Bois passé à tabac le 2 février dernier par des policiers et violé par l’un d’entre eux, la problématique des violences policières se retrouve à nouveau sur le devant de la scène politique et médiatique. S’agit-il d’une bavure ? Les policiers incriminés ont-ils dérapé, disjoncté alors que l’immense majorité de leurs collègues serait exemplaire dans l’exercice de sa mission ? La classe politicienne voudrait nous le faire croire. Or, l’insupportable violence dont a été victime Théo n’est qu’une projection, à une large échelle, du quotidien que subissent les jeunes des quartiers populaires depuis des décennies. Le 26 janvier dernier, c’était Mohammed K., un ami de Théo, qui était tabassé dans la cité des 3 000 par le même policier violeur surnommé « Barbe Rousse ». Des flics de cet espèce, il y en a des dizaines, des centaines, des milliers. Sans relâche, ils terrorisent les jeunes racisés des cités et parfois cela débouche inévitablement sur des drames. Sur les dix dernières années, nous pensons tout particulièrement à Mushin et Larami, 16 et 15 ans, tués dans une collision avec une voiture de police, le 25 novembre 2007 à Villiers le Bel. Nous pensons à Mohammed Benmouna mort à 21 ans au cours d’une garde à vue à Firminy le 7 juillet 2009. Nous pensons à Hakim Djelassi, mort à 31 ans d’un malaise cardiaque dans un fourgon de police à Lille le 26 septembre 2009, à Wissam El Yammi mort à 30 ans le 2 janvier 2012 après son arrestation à Clermont-Ferrand, à Lahoucine Ait Omghar mort à 26 ans lors de son interpellation le 28 mars 2013 à Montigny en Gohelle. Enfin, nous pensons à Adama Traoré mort le 19 juillet dernier à 24 ans.

Css violences policières dans les quartiers « sensibles » sont-elles le produit d’une institution à la dérive, gangrénée par le racisme et qui échappe de plus en plus au contrôle du reste de l’État ? Répondre oui serait ne pas vouloir comprendre les mécanismes de domination qui s’imposent aux populations sur-exploitées (les immigrés et leurs enfants). En effet, celles-ci sont soumises à un contrôle social hérité des pratiques d’encadrement des populations coloniales au XXe siècle. Parquées dans des espaces urbains déconnectés du reste du territoire ou autrement dit des ghettos, leur surveillance et leur répression est un mode d’asservissement brutal impulsé par en haut et mis en musique par la police pour tenter de les maintenir dans leur condition. Ainsi, de facto, pour remplir sa véritable mission, maintenir l’ordre établi, la police se trouve être, et ce tout particulièrement en France, un acteur majeur de l’oppression raciale. Et si le zèle de certains flics existe, il ne peut dissimuler cette implacable réalité qui ne cesse de faire couler des larmes et du sang dans l’intérêt des classes dirigeantes.

Pour que ces violences policières cessent, des mesures d’urgence sont indispensables parmi lesquelles la dissolution de tous les corps spéciaux de la police intervenant et réprimant brutalement dans les quartiers populaires comme la BAC ou les Brigades spécialisées de Terrain. Toutefois, il est nécessaire de mener une réflexion plus large sur le sujet « Police » car si Théo, Mohammed, Adama, leurs amis ou leurs voisins sont les premières victimes de ces violences, ce sont toutes celles et ceux qui représentent une menace pour l’ordre établi qui se retrouvent confrontés à l’uniforme bleu, à la matraque, au taser, aux lacrymos, aux flashballs, aux grenades, voir aux balles réelles. Les manifestants « contre la Loi travail et son monde » ont pu le mesurer au printemps dernier. La police est-elle irrémédiablement l’ennemie des exploités et des opprimés ? Peut-on la faire changer et pour cela réformer l’État ? Les policiers peuvent-ils basculer de l’autre côté de la barricade ? Pour réfléchir ensemble à ces questions et bien d’autres, le NPA 32 vous invite à un atelier anticapitaliste le jeudi 23 février à 19 h 30 dans la salle du Boulodrome à Auch. Et parce que réfléchir n’est qu’une des deux conditions pour espérer faire table rase du passé, nous vous invitons également à nous organiser collectivement pour impulser une initiative locale le 19 mars prochain dans le cadre de la « Marche pour la justice et la dignité » organisée à Paris « contre le racisme, les violences policières, la hogra et la chasse aux migrants » car celles et ceux qui peuvent en premier lieu nous protéger de la police, c’est nous mêmes, toutes et tous ensemble !

Johan

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017