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NPA, PG, EÉLV s’unissent contre le prochain GPII du Gers : l’Euro 21

Qu’est-ce que c’est un GPII : Grand Projet Inutile et Imposé ?

« Grand », tout d’abord. Il faut y en entendre, capitaliste et productiviste, contrôlé d’en haut, ni local ni démocratique.

Dans « Projet », c’est le « Pro » qui est important, le même « pro » que l’on trouve dans progrès, le « pro » qui veut dire en avant, et qui implique donc que si on est contre, on est forcément pour le retour en arrière (bougie, caverne, etc.)

Quant à « Inutile », il nous faut le compléter et l’approfondir. Inutile pour qui Prenons le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes à Nantes et cher à notre Premier ministre Jean-Marc Ayrault, les entreprises qui construiraient cette folie ou les banques qui la financeraient considèrent ce projet comme très utile à leurs intérêts. Nous parlons donc de l’utilité sociale ou sociétale. Et là, les perspectives changent. Sans même parler du futur du transport aérien de masse dans un monde qui a passé le pic pétrolier (en sachant qu’aucun avion commercial n’a jamais décollé sans hydrocarbure), les Nantais ont déjà un aéroport qui fonctionne.

Donc quand nous disons « inutile », nous voulons dire « inutile à la société ». Cela implique que ces projets inutiles sont aussi nuisibles, néfastes voire délétères. En effet, tout projet consomme de l’énergie et des matières premières. Participer au réchauffement climatique pour des projets utiles est déjà discutable, mais pour des projets inutiles, c’est indéfendable. Idem pour les autres ressources naturelles.

Pour finir, « Imposé », pas besoin d’en rajouter, c’est pour ceux qui s’imaginent encore que nous vivons en démocratie car nous avons des élections libres !

En ce qui concerne la RN 21, quels sont les arguments de l’Euro 21 ?

Un peu de com avant de prendre la route. La Route nationale devient Euro 21. Comme si le Gers allait devenir le centre de l’Europe grâce à l’Euro 21 !

Dangerosité

La RN 21 est actuellement très accidentogène. Mais la solution n’est pas son doublement avec concession au privé.

Certes de nombreux accidents mettent en cause des travailleurs sur le chemin ou le retour du travail mais ce sont ceux-là mêmes qui ne prendraient pas la nouvelle autoroute dont le coût serait beaucoup trop élevé. Rappelons que la nouvelle A 65 entre Langon et Pau bat deux records de France : celui du coût au kilomètre pour les automobilistes qui l’empruntent et aussi celui de l’autoroute la moins utilisée. Il en serait sans aucun doute de même pour l’Euro 21. D’aussi nombreux accidents mettent en cause des fêtards du samedi soir, qui eux non plus ne prendraient pas l’autoroute.

Et chaque fois qu’une nouvelle autoroute est construite, on sait que ce sont les routes secondaires qui en pâtissent car celles-ci sont délaissées par les pouvoirs publics. C’est à l’État de maintenir la RN 21.

Utiliser le Gers pour faire transiter les marchandises espagnoles en direction du nord

Trêve de balivernes : le seul but de cette autoroute c’est de pouvoir accélérer les transports entre la péninsule ibérique et le nord de l‘Europe et donc de mettre encore plus en concurrence les travailleurs du sud et du nord de l’Europe. Alors qu’il est urgent de localiser nos productions, les autoroutes participent au contraire à la mondialisation. Les prédictions sont une augmentation du nombre de poids lourds transitant par le Gers de 1 900 à 3 000 (article de la Dépêche). Notons au passage que pour le passage des Pyrénées, nos amis hispaniques privilégieraient le train, mais arrivé à Lannemezan, les camions devraient descendre leur wagon pour prendre l’autoroute…

« Les Colas, les Vinci commencent à avoir faim… », nous raconte l’ineffable Michel Doligé (voir l’article de Sud-Ouest). Nous n’en doutons pas, ces sociétés ne sont jamais rassasiées, elles sont toujours prêtes à sacrifier notre environnement pour augmenter leurs profits.

Agriculture et environnement

En 2007, le Grenelle de l’environnement, cher à Sarkozy et à Borloo, promettait le gel de la construction d’autoroutes. On voit bien que les promesses ont vite été oubliées et on s’aperçoit avec effroi que les surfaces agricoles régressent continuellement. À ce rythme alarmant, nous perdons maintenant l’équivalent d’un département français tous les sept ans.

Pourtant M. Philippe Martin (député du Gers et président du Conseil Général) est optimiste : il veut prouver au monde que l’on peut désenclaver le Gers tout en maîtrisant les impacts environnementaux (voir l’article de la Dépêche du Midi). Dit autrement : il veut le beurre et l’argent du beurre. L’Euro 21 serait compatible avec le Grenelle de l’Environnement parce qu’il n’y a pas d’autre moyen pour désenclaver le Gers.

Alors que M. Doligé, président de la CCI, prétend vouloir développer l’agroalimentaire dans le Gers, il propose d’accaparer certaines des meilleures terres gersoises (vallée du Gers entre Lectoure et Lannemezan par exemple) et de les donner à Vinci ou Colas pour construire une autoroute.

Désenclaver…

Le Gers serait donc enclavé, aux dires de Raymond Vall (sénateur-maire de Fleurance) et Philippe Martin (même article de la Dépêche). Le Gers serait donc enfermé dans un autre territoire et l’on ne pourrait pas en sortir. Le Gers n’est évidemment pas enclavé, il n’est vraiment pas difficile d’en sortir, mais, horreur, on ne peut pas en sortir par une autoroute, il faut se contenter d’une misérable route nationale.

Développement économique

Mais M. Doligé n’est pas à une contradiction près : il vante le développement du Gers ces dernières années, il note que 4/5 des plus grosses entreprises gersoises ont moins de 20 ans (voir l’article de Sud-Ouest) et il nous assène que le Gers ne peut pas vivre sans cette nouvelle autoroute. Force est bien de constater que ces nouvelles entreprises se sont créées ou implantées bien qu’il n’y ait pas eu d’autoroute dans le Gers.

Une autoroute pour les Gersois

Alors que l’État n’a pas les moyens ne construire un kilomètre d’autoroute, les opérateurs privés le feraient tout en accordant un tarif avantageux voire la gratuité aux Gersois. Alors là, on nous prend vraiment pour des cons. Les entreprises de BTP seraient des philanthropes en ambuscade. D’ailleurs nous avons tous remarqué que le prix des péages a baissé depuis que les autoroutes ont été privatisées ! La vérité c’est que cette autoroute serait beaucoup trop chère pour les gersois et les anciennes routes seraient encore plus délaissées par les pouvoirs publics et nous assisterions donc à une dégradation des conditions de transport au lieu d’une amélioration.

Développement touristique

À nouveau, il nous est déclaré de manière péremptoire que le doublement de la RN 21 apporterait plus de touristes. M Jean-Paul Sarreméjean (entreprise de matériaux de construction) n’hésite pas à nous faire part de son “expertise” en terme de tourisme ! (Voir l’article de Sud-Ouest). Pourtant ce que recherchent les touristes dans le Gers, c’est bien le fait que notre département soit resté rural, que l’on y prenne son temps et que l’on y privilégie la qualité de vie plutôt que la vitesse à n’importe quel prix.

Les aéroports d’Agen et de Toulouse sont à une heure d’Auch, Tarbes et Pau guère plus loin. Par contre pour venir dans le Gers en train c’est la croix et la bannière. Plutôt qu’une autoroute, il vaudrait mieux réouvrir certaines lignes ferroviaires qui seraient utiles aux touristes mais aussi aux travailleurs et à tous ceux qui n’ont pas de voiture (jeunes, personnes âgées, précaires…)

Carte des voies de chemin de fer dans le Gers
Seule la ligne Auch-Toulouse est encore en service. La ligne Auch-Agen est utilisée quelques fois par an par les coopératives agricoles situées sur son parcours.

Les touristes ne préfèreraient-ils pas des pistes cyclables reliant les différents sites touristiques à une autoroute pour découvrir notre département. Est-il normal que la seule piste dédiée à la petite reine soit celle qui jouxte l’IGG de l’A380 ?

Conclusion

Tous ceux qui se lamentent que le Gers est le seul département de France métropolitaine sans autoroute devraient méditer le fait que nous sommes aussi l’un des départements où l’on vit le plus vieux. Les autoroutes, comme les lignes ferroviaires à grande vitesse, coûtent à toute la collectivité mais seule une petite minorité en profite. On nous parle du Gers mais pas des gersois. La CCI veut son autoroute, la Chambre d’Agriculture nous dit que les filières sont plus importantes que les paysans, Vivadour a besoin de routes et d’eau. Est-ce que quelqu’un leur a expliqué qu’il y avait de moins en moins de pétrole, que par conséquent l’essence était, et allait devenir, de plus en plus cher ?

Voir en ligne : Pétition sur le site d’Avaaz

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017