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20e rapport de SOS homophobie sur l’homophobie

La baisse de 40 % des actes homophobes est à mettre en regard avec la hausse de 78 % en 2013 alors que la Manif pour tous sévissait. Si on retrouve aujourd’hui des niveaux similaires à la période précédent l’adoption de la loi sur le mariage gay, force est de constater que l’homophobie et tous ses avatars (lesbophobie, transphobie, etc.) ne recule pas et qu’elle est bien installée et banalisée. Ainsi un tribunal des prud’hommes qui juge que traiter un coiffeur de « pédé » n’est pas un acte homophobe ou encore ce footballeur qui pour insulter son entraineur, traite Laurent Blanc de « flotte ». Encore plus grave, l’homophobie touche des gens de plus en plus jeunes. Faut-il rappeller que le suicide est quatre fois plus élevé chez les jeunes homosexuels ?

Ce gouvernement a une grande responsabilité dans cette situation, on se souvient évidemment de son attitude plus qu’ambiguë lors vote de la loi sur le mariage entre personnes du même sexe, mais aussi de sa position sur le don du sang, et de son refus de permettre la PMA aux lesbiennes. La lutte contre l’homophobie passe nécessairement pas la fin des ces discriminations.

François


Édito du 20e rapport de SOS homophobie sur l’homophobie

L’année 2016 voit paraître le vingtième Rapport annuel sur l’homophobie.

Vingt-deux années d’existence pour SOS homophobie et vingt publications faisant le constat de l’intolérance, du rejet et de la haine envers les personnes lesbiennes, gays, bi et trans n’auront donc pas été suffisantes pour faire reculer ces fléaux en France.

Bien sûr, à force de militantisme, de combats et de fierté, nous avons obtenu des avancées. Le vote des lois instaurant le Pacs, l’aggravation des peines encourues, le délit d’injure homophobe et bien évidemment l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de personnes de même sexe constituent de réelles satisfactions. Mais force est de constater que ces avancées, acquises dans la douleur, sont incomplètes et font persister certaines inégalités, laissant le champ libre à des discriminations insupportables.

Ainsi le nombre de témoignages reçus en 2015 diminue par rapport aux trois années précédentes et nous replace dans la proportion des chiffres de 2006 à 2011, attestant d’une homophobie et d’une transphobie durablement installées au-delà du pic de témoignages reçus entre 2012 et 2014, lié au contexte des débats sur le mariage et l’adoption.

La lecture des chiffres met en avant ce qu’on pourrait qualifier de lesbophobie, de gayphobie, de biphobie et de transphobie du quotidien, laissant penser que la parole homophobe libérée et médiatisée ces trois dernières années a légitimé une « homophobie ordinaire », qui s’exprime d’autant plus que les personnes LGBT sont désormais visibles.

Il est frappant de remarquer que les violences verbales et les agressions se produisent essentiellement dans des contextes liés à la vie quotidienne, en famille, dans les lieux publics, le voisinage, au travail et dans le milieu scolaire, où les victimes sont de plus en plus jeunes. La situation est préoccupante : en vingt ans, l’homophobie ordinaire, faite essentiellement d’ignorance et de rejet, s’est transformée en refus de l’égalité des droits et en violences verbales ou physiques assumées à l’égard des personnes lesbiennes, gays, bi et trans.

Ne laissons pas cette homophobie et cette transphobie perdurer !

Nous continuerons aussi longtemps qu’il le faudra à interpeller nos gouvernant•e•s pour obtenir la fin des discriminations et une véritable égalité des droits. Nous devons persévérer pour obtenir l’accès à la PMA pour toutes les femmes, pour simplifier les procédures de changement d’état civil pour les personnes trans, pour permettre le don du sang en se basant sur les comportements à risques plutôt que sur des groupes à risques… Plus généralement, nous devons rester mobilisé•e•s pour porter nos revendications politiques plus haut et fort que nos opposant•e•s. L’année 2016 nous donnera l’occasion de solliciter les futur•e•s candidat•e•s, pour rappeler à certain•e•s leurs engagements et à d’autres que nos droits, nos vies ne peuvent reposer sur des dogmes ou des stéréotypes.

Au-delà de la sphère politique, notre engagement collectif, nos actes quotidiens, notre visibilité, notre détermination à mener des actions militantes constituent le cœur de notre lutte contre l’homophobie et la transphobie : nous continuerons autant que nécessaire à soutenir les victimes de LGBTphobies, à déconstruire les préjugés, à sensibiliser les publics jeunes et adultes, à dénoncer tous les actes ou propos insultants, violents, discriminants, et, bien sûr, à être visibles.

Gilles Dehais, président
Virginie Combe, vice-présidente
Michaël Bouvard, vice-président

Voir en ligne : Site de SOS homophobie

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017