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Essai. Léo Ferré, toujours vivant. Léo Ferré : Olympia 1972

un peu de musique par un de mes auteurs compositeurs chanteurs préférés : un grand poète, un grand musicien injustement oublié.
Marc

De Pascal Boniface La Découverte, 2016, 15 euros.

Pascal Boniface signe un essai sur Léo Ferré en forme d’hommage, un exercice d’admiration assez réussi. Prenant prétexte du fait que Léo Ferré aurait eu 100 ans cet été, il raconte surtout comment son œuvre prend corps dans les années 1960.

S’il s’agit d’un livre de fan, cela n’en reste pas moins un livre écrit par un intellectuel exigeant. Car Pascal Boniface est spécialiste de géopolitique et directeur de l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques), pourfendeur des Intellectuels faussaires (charge virulente contre BHL, Caroline Fourest ou encore Philippe Val). Mais il ne s’agit pas ici de déboulonner les fâcheux, bien au contraire Boniface veut faire la courte échelle à Léo Ferré pour le faire passer du statut de « grand de la chanson française » à celui de génie.

Sa passion pour Léo Ferré, il la raconte depuis sa jeunesse : « Un type plus vieux que nos parents nous confortait dans nos choix de révolte, de remise en cause des pouvoirs en place, de contestation des autorités, de l’ordre bourgeois et des convenances sociales. Il proclamait l’amour et la révolution, la sexualité libérée et la foi libertaire. »

Ce texte, particulièrement bien écrit et clair, tient autant d’une biographie de l’auteur que d’une analyse thématique de divers aspects de l’œuvre et de la personnalité du chanteur.

L’auteur revient sur une carrière parfois complexe et évoque Ferré et ses nombreuses chansons interdites d’antenne à la radio. Par exemple, en 1960, la chanson Paname sera interdite d’antenne parce que les paroles disaient : « Si on te frappait, j’prendrais les armes » et que cela était alors considéré comme une incitation à la révolution. Car l’œuvre de Ferré est marqué par des engagements forts : l’anarchie, mais aussi l’anticléricalisme et l’antimilitarisme.

On y évoque aussi la passion de Ferré pour les poètes, qu’il a beaucoup mis en musique : Rimbaud, Verlaine et Baudelaire, et de manière plus improbable, car leurs chemins politiques avaient peu de chances de se croiser, Aragon. Ferré était aussi lui-même un incroyable poète, une plume acérée peut-être, mais d’une liberté et d’une audace passionnante.

Après 1968, Léo Ferré deviendra une sorte d’emblème d’une époque dont ses chansons avaient saisi l’air du temps avant même les événements de mai-juin. Et les années qui vont suivre seront celles de la rencontre avec un nouveau public, plus jeune et plus révolté. L’auteur raconte d’ailleurs sa propre découverte de Léo Ferré en 1969, et ses concerts à mi-chemin entre récitals et manifestations.

L’auteur évoque encore la charge érotique de certains textes et des interprétations de Ferré, avec des chansons telles que Ton Style, Jolie môme, la The nana… dont le style est assez inédit au cœur des prudes années 1960.

Pierre Baton

Voir en ligne : http://www.npa2009.org/idees/cultur...

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Mis à jour le lundi 11 décembre 2017